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A Saint-Etienne, la gauche veut tourner la page de la sextape et de la droite
information fournie par AFP 03/02/2026 à 15:18

La mairie de Saint-Etienne, le 24 novembre 2013 ( AFP / JEFF PACHOUD )

La mairie de Saint-Etienne, le 24 novembre 2013 ( AFP / JEFF PACHOUD )

À Saint-Etienne, la mise hors-jeu du maire Gaël Perdriau, condamné pour chantage à la vidéo intime, nourrit les ambitions de la gauche qui espère bien ravir la mairie à une droite en morceaux.

Dans cette ville de 175.000 habitants, "l'affaire" de la sextape qui vaut à l'ancien maire LR de dormir en prison depuis le 7 janvier, reste sur toutes les lèvres.

"Les gens l'abordent mais disent surtout: on veut tourner la page", relève Régis Juanico, candidat de la gauche unie hors LFI, en distribuant des tracts sur un marché. "Ils ont envie de savoir quels seront nos ingrédients et nos outils pour qu'on relève la ville."

L'ancien député socialiste liste comme priorités concrètes "l'éducation et l'accès aux soins, notamment via la mise en place d'un médico-bus qui sillonnera les quartiers touchés par des déserts médicaux".

Depuis dix ans, le taux de pauvreté a fortement augmenté à Saint-Etienne, pour atteindre plus de 30% chez les moins de 30 ans selon l'Insee. La ville a subi un nouveau coup dur en 2024 avec le dépeçage de son fleuron, le groupe de distribution Casino.

Sur le plan du moral, elle a souffert de la relégation de son emblématique équipe de foot, l'ASSE en Ligue 2, et du scandale de la sextape. "Ce n'est pas très agréable que la France parle de nous comme ça", glisse Marie-Sophie, une enseignante qui croise les militants en ce jour de marché.

En 2022, Mediapart a révélé que le premier adjoint et rival du maire avait été filmé à son insu avec un prostitué et que la vidéo avait servi à le museler. Gaël Perdriau a toujours nié avoir joué un rôle dans ce complot et refusé de démissionner. Il a fait appel de sa condamnation à cinq ans de prison, dont quatre ferme.

Depuis trois ans, il y a une "déconnexion" des habitants avec les élus et les agents de la Ville se "sont démotivés", estime Régis Juanico dans un échange avec un électeur. "La machine va être très très longue à remettre en place..."

- Dispersion -

Bien qu'elle soit de tradition ouvrière, Saint-Etienne a toujours plutôt voté à droite ou au centre, avec deux parenthèses: un maire communiste de 1977 à 1983 et un socialiste de 2008 à 2014, qui l'avait emporté grâce aux dissensions du camp opposé.

Gaël Perdriau, alors maire de Saint-Etienne, à la sortie du tribunal à Lyon après le verdict dans son procès pour chantage à la sextape, le 1er décembre 2025 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

Gaël Perdriau, alors maire de Saint-Etienne, à la sortie du tribunal à Lyon après le verdict dans son procès pour chantage à la sextape, le 1er décembre 2025 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )

"Cette dynamique nous a fait prendre conscience de la responsabilité particulière à être ensemble dès le 1er tour à cette élection", déclare Olivier Longeon, chef de file des écologistes qui, comme les communistes ou Place Publique, se sont ralliés à Régis Juanico.

LFI, conformément à sa politique nationale, fait en revanche course à part derrière Valentine Mercier, collaboratrice de la députée Insoumise stéphanoise Andrée Taurinya.

En face, la droite et le centre sont bien plus éparpillés.

Dans le camp de ceux qui sont restés fidèles à Gaël Perdriau jusqu'au bout, ils sont deux: l'actuel Premier adjoint Marc Chassaubéné, a été adoubé par l'ancien maire et pose en candidat "légitime", tandis que l'adjointe à la politique de la Ville, Siham Labich, part en solo après s'être mise "en retrait du MoDem".

Lui promet de lutter contre "la petite délinquance" et de "redynamiser le commerce de centre-ville", quand elle se dit désireuse "d’assumer et de prolonger l’action publique des deux mandats écoulés, qui ont profondément transformé Saint-Etienne".

Toujours à droite et au centre, d'autres ont rompu en court de mandat avec la majorité et font aujourd'hui campagne sans avoir à endosser l'héritage Perdriau.

L'ancien député LR Dino Cinieri, proche de Laurent Wauquiez, espère rassembler de nombreux électeurs en mettant l'accent sur la lutte contre le narcotrafic. L’ex-président du Medef de la Loire Eric Le Jaouen mène campagne depuis un an sous l'étiquette Horizons.

Marc Chassaubéné, qui revendique "la position du sortant", a appelé ces candidats à le rejoindre. Mais "la posture est plutôt de dire que les choses vont se jouer au premier tour et qu'on discutera après...", reconnaît-il.

Corentin Jousserand, tête de prou Rassemblement national et collaborateur de Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, espère lui maintenir sa liste au second tour.

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